Le Blog Devenir Parents

La prématurité : comment vivre une naissance précoce

13.11.2020
Être maman

Accoucher avant le terme de sa grossesse reste la crainte de beaucoup de futures mamans. Et pour cause, la prématurité présente des risques pour votre bébé et les facteurs de la prématurité demeurent encore mystérieux. Retrouvez dans cet article nos conseils pour vivre au mieux une naissance précoce.

Bébé né prématurément

Qu’est-ce que la prématurité ?

Un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée (SA), soit à 8 mois et demi de grossesse. Chaque année en France, 50 à 60 000 bébés naissent prématurément. La plupart n’en garderont pas de séquelles, mais ce n’est pas le cas pour tous. Il existe trois niveaux de prématurité, qui engendrent des conséquences différentes.

 

  • la prématurité moyenne : naissance entre la 32ᵉ et la 36ᵉ semaine d’aménorrhée révolue (85% des cas). En dessous de 35 semaines, le bébé doit être transféré avec sa maman dans une unité de néonatalogie ;

 

  • la grande prématurité : naissance entre la 28ᵉ et la 32ᵉ semaine (10% des cas). Le nouveau-né doit bénéficier de soins particuliers en unité de réanimation néonatale ;

 

  • la très grande prématurité : naissance avant 28 semaines (5% des cas). Le nourrisson doit absolument être transféré dans un service de réanimation néonatale.

Des causes multiples et pas totalement identifiées

Environ la moitié des naissances prématurées sont spontanées. Elles sont souvent la cause de contractions inattendues, dont l’origine n’est généralement pas identifiée, ou d’une rupture des membranes.

 

L’autre moitié des accouchements précoces sont provoqués, et réalisés le plus souvent par césarienne. Cette décision peut être prise à la suite d’un retard de croissance grave du fœtus, d’une hypertension artérielle sévère chez la maman, ou d’une hémorragie maternelle. Ceci induit la possibilité d’une mort fœtale, ou encore une menace pour la survie de la mère.

 

Citons quelques causes, parmi les plus courantes :

 

  • les infections génito-urinaires ;
  • les anomalies de l’utérus et du placenta (comme le placenta prævia) ;
  • le diabète gestationnel ;
  • l’hématome rétroplacentaire (décollement prématuré du placenta accompagné d’un hématome)
  • la prééclampsie.

 

Ajoutons à cela l’évolution de nos comportements et de nos modes de vie. Le recul de l’âge de la maternité, le recours plus fréquent à l’aide médicale à la procréation et donc davantage de grossesses multiples, l’augmentation de la précarité, la consommation de tabac, le stress au travail…

 

Heureusement, ces facteurs de risques sont généralement connus dès le début de la grossesse et un suivi spécifique peut être mis en place : surveillance rapprochée, repos à domicile, examens en série, échographies et traitements adaptés.

Des conséquences plus ou moins importantes

De façon générale, plus votre bébé naît près du terme, moins les conséquences sont importantes. Un nouveau-né prématuré présente donc une immaturité variable de ses fonctions vitales et peut ainsi rencontrer des problèmes :

 

  • respiratoires, une assistance est parfois nécessaire ;

 

  • de coordination entre la déglutition et la respiration puisque le réflexe de succion n’est pas encore présent. Avant 34 semaines il sera alors nourri par sonde ;

 

  • neurologiques, une surveillance est indispensable au cours des premières semaines pour dépister d’éventuelles anomalies ;

 

  • autres comme des complications digestives, hépatiques, rénales ou du système immunitaire.

 

Des progrès médicaux récents permettent de pallier cette immaturité, au moins en partie, et d’en réduire les conséquences. Les recherches se poursuivent pour améliorer encore la prise en charge de ces enfants qui arrivent au monde trop tôt.

prématurité

La prise en charge d’un enfant prématuré

La prise en charge au sein des services de soin

Les enfants grands ou très grands prématurés sont accueillis en réanimation néonatale où ils bénéficient d’une surveillance renforcée. Ils sont ensuite orientés vers les soins intensifs, puis en service de néonatalogie quand ils se stabilisent. Les équipements médicaux sont très impressionnants, voyez-les comme un cocon qui protège votre bébé.

 

Cette prise en charge s’intègre généralement dans le respect du rythme de votre nourrisson pour réduire son état de stress. L’objectif est de coller au plus près avec l’environnement intra-utérin : lumière tamisée, pas d’alternance jour/nuit, niveau sonore faible, postures considérant la position physiologique…

La prise en charge à la sortie de l’hôpital

Généralement, un enfant peut sortir de l’hôpital dès qu’il devient autonome du point de vue respiratoire et digestif, mais tout n’est pas joué lors de cette étape. Il est nécessaire de réaliser des bilans réguliers avec, entre autres, un pédiatre et un neuropédiatre pour effectuer une évaluation des troubles du langage, du comportement, des dépistages sensoriels…

 

Les séquelles neurologiques sont fréquentes, principalement chez les grands prématurés. Elles peuvent se manifester par des troubles :

 

  • moteurs, avec un retard ou des difficultés à marcher ;

 

  • cognitifs, avec des difficultés d’expression orale ou écrite ;

 

  • de l’attention ;

 

  • sensoriels, visuels ou auditifs.

 

La recherche doit encore avancer sur la détection de ces répercussions, mais en attendant, un suivi spécifique est mis en place jusqu’aux 6 ans de l’enfant.

 

À savoir : pour évaluer les fonctions motrices et neurologiques, les médecins tiennent compte de l’âge corrigé et non de l’âge réel. Par exemple si votre bébé est arrivé au monde avec 2 mois d’avance, on peut dire qu’à son 8ᵉ mois, il aura 6 mois en âge corrigé. On s’appuie sur l’âge réel plutôt pour :

 

  • la diversification alimentaire, car le tube digestif, immature en cas de naissance prématurée, récupère beaucoup plus vite que le système nerveux ;
  • les dents;
  • les vaccinations.

Comment surmonter la prématurité ?

Le temps sera votre allié pour vous sentir parent, ce n’est pas forcément inné, et c’est tout à fait normal. Vous allez apprendre à connaître votre bébé un peu plus chaque jour, créer ce fameux lien en étant près de lui, en le regardant et en lui parlant.

Créer un cocon à l’hôpital

Dès que vous en ressentez le besoin, entrez en contact avec votre tout-petit. Pour cela, vous pouvez lui chanter des chansons, lui lire un livre, lui raconter vos journées. N’hésitez pas à partager vos émotions avec votre enfant, à l’encourager quand il fait des progrès.

 

Si les équipes de soin le permettent, créez un environnement douillet : apportez un doudou, des coussins pour vous installer confortablement, des photos pour que votre progéniture fasse connaissance avec sa famille. Quand c’est possible, prenez-le contre vous et faites du “peau à peau”. C’est souvent une étape magique, et un moment intense et  rassurant pour tous. Cette technique a des bienfaits sur la santé de votre bébé et sur votre moral ! Elle favorise, qui plus est, la lactation.

 

Les premiers jours sont parfois difficiles : ce n’est pas évident de se familiariser avec le bruit des machines. Vous vous y habituerez vite et votre rôle de parent prendra le dessus.  Avec le temps vous pourrez participer à la continuité des soins de votre enfant comme changer sa couche, le nourrir, lui faire sa toilette, ou encore mesurer sa température.

 

Durant cette période éprouvante, vous aurez besoin de soutien. Entourez-vous de votre famille et de vos amis, mais pensez également à l’équipe médicale qui sait ce que vous traversez. Osez demander de l’aide et parler de votre ressenti quand cela est nécessaire. Vous pouvez trouver différentes manières de vous exprimer et de relâcher la pression en :

 

  • tenant un journal de bord (pour vous uniquement, ou comme un souvenir à conserver pour le relire plus tard en famille) ;
  • dessinant, tricotant, écoutant de la musique, faisant du sport… Réalisez une activité qui vous détend dans votre quotidien ;
  • intégrant un groupe de soutien avec d’autres parents qui vivent la même situation que vous.

 

Ne vous oubliez pas : votre bébé a besoin que vous soyez heureux et amoureux, sereins et apaisés. C’est ce qui l’aidera à traverser cette période au mieux.

Comment gérer le retour à la maison avec un bébé prématuré ?

Arrive enfin l’étape la plus attendue et parfois la plus angoissante, notamment pour les parents d’un premier enfant : le retour à la maison. Prenez le temps de vous y préparer en posant toutes les questions qui vous passent par la tête à l’équipe médicale, pendant qu’elle est disponible.

Si vous n’êtes pas sereins, que vous avez peur de la réaction de votre nouveau-né ou de vos ainés, que vous vous sentez fatigués… faites-vous aider. Sollicitez le soutien de votre entourage : une maman qui cuisine pour vous, un ami qui vous tient compagnie, une femme de ménage, un médecin qui vous écoute… Tout est bon à prendre.

Le sommeil et l’alimentation d’un bébé sont parmi les sujets les plus stressants pour tous les parents. C’est d’autant plus vrai pour ceux d’un bébé né précocement. Le contexte est propice au fait qu’il soit encore plus demandeur de vos bras. C’est une période fatigante où il faut sans cesse rassurer son tout-petit. Soyez patients et faites-vous confiance mutuellement, un jour après l’autre.

Pour conclure

La prématurité est une équation qui compte beaucoup d’inconnues. La recherche a fait de grands progrès sur le développement de l’enfant, il reste cependant à comprendre les causes d’une naissance avant son terme et à améliorer la prise en charge des prématurés dans le temps. Quant à vous, votre rôle est d’aider votre bébé à se sentir aimé et entouré pour avancer sereinement sur le chemin de la vie.

Sources :

SOS préma

Inserm.fr

Doctissimo

Vos Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *