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Coliques du nourrisson, ou pleurs excessifs

16.02.2021
Tout pour bébé

Que sont les coliques du nourrisson ? Comment les reconnaitre et que faire pour apaiser votre bébé pendant cette période délicate ? Découvrez nos conseils !

Comprendre coliques de bébé

Les coliques du nourrisson : nos conseils pour les apaiser

Votre bébé se met à hurler, particulièrement en fin de journée, se tortille et semble être inconsolable ? Il s’agit peut-être de ce qui est communément appelé « coliques du nourrisson ». Très fréquentes chez les nouveau-nés de moins de 5 mois, leur nom fait penser, souvent à tort, à des douleurs intestinales. Si aucune cause médicale n’est à ce jour vraiment identifiée, de nombreux experts s’accordent pour dire qu’on devrait cesser de parler de « coliques du nourrisson », au profit des termes « pleurs excessifs du nourrisson ».

Définition des coliques, ou pleurs excessifs du nourrisson

En 1954, le Dr Wessel définit le terme « colique » comme des accès de pleurs et pleurnichements inconsolables ayant lieu plus de trois heures par jour, pendant trois jours par semaine, et ce depuis plus de trois semaines.

 

Cette « règle de 3 » est actuellement remplacée par les critères de Rome IV, publiés en 2016, qui définissent les coliques du nourrisson, ou pleurs excessifs du nourrisson comme des pleurs ou une agitation pendant 3 heures ou plus par jour, pendant 3 jours ou plus pendant la semaine écoulée ; le bébé concerné a moins de 5 mois et présente des périodes récurrentes et prolongées de pleurs, au cours desquelles il peut être agité. Celles-ci se produisent sans cause évidente et les parents ne parviennent pas à les éviter ou à les résoudre. Aucun retard psychomoteur ou aucune maladie n’ont par ailleurs été identifiés chez ce nourrisson.

En fonction de l’horaire des pleurs, on peut distinguer les pleurs du soir et les pleurs excessifs liés au tube digestif, que l’on peut qualifier de coliques, qui se produisent pendant le repas ou après le repas ou à toute heure de la journée. Mais il existe aussi des pleurs d’origine psychologique en rapport avec des problèmes dans la relation parent-enfant tels qu’une dépression maternelle.

Différentes causes digestives peuvent être responsables de pleurs excessifs

La suralimentation

Certains parents ont tendance à donner le sein ou le biberon à outrance quand leur bébé pleure. En effet, la succion apaisant le nourrisson, il est tentant de vouloir le soulager de cette façon. Or, s’il mange trop souvent, son estomac va travailler d’autant plus. Cela devient un cercle vicieux duquel il vaut mieux s’écarter. Un bébé qui pleure n’a pas systématiquement faim et peut exprimer un autre besoin !

Si la courbe de poids de votre bébé évolue bien, ses pleurs excessifs ne sont sans doute pas synonymes de faim. Si votre enfant ne semble néanmoins pas rassasié en fin de repas ou a tendance à raccourcir les intervalles entre les biberons :

  • En cas d’allaitement, il est probable qu’il faille stimuler votre lactation. Vous pourriez envisager des tétées plus prolongées et plus fréquentes en prenant soin de donner les deux seins à chaque fois.
  • Si votre bébé n’est pas allaité au sein, choisissez en accord avec le médecin de votre enfant un lait infantile « satiété » ou « à formule épaissie » (plus riche en caséine et en dextrine-maltose, donc moins riche en protéines solubles et en lactose, et avec ajout d’amidon).

Le réflexe gastro-colique excessif

En fin de repas, les bébés ont un réflexe gastro-colique naturel qui induit une activation des mouvements de l’intestin et en général l’émission d’une selle. Chez certains enfants, ce réflexe peut débuter en 2e partie du repas et s’avérer douloureux, notamment si le bébé mange très vite et de grandes quantités ou s’il avale beaucoup d’air en buvant son biberon de lait infantile. Dans ce cas, le bébé peut encore avoir faim mais il lui est difficile de terminer son biberon car plus il boit, plus il a mal au ventre…

C’est pourquoi il est important de respecter ces quelques conseils :

  • Prenez du temps pour donner le sein ou le biberon à votre bébé : faites-le téter lentement en faisant des pauses fréquentes pour lui faire faire des rots, en position verticale. Vous pouvez également lui changer la couche au milieu du repas.
  • Si vous avez l’impression que votre enfant avale trop vite, retirez-lui régulièrement le sein ou le biberon de la bouche au cours du repas.
  • S’il est nourri au biberon : choisissez un modèle comportant une valve au fond, pour limiter la déglutition d’air par votre enfant. Vous pouvez également essayer de changer la tétine du biberon, celles en silicone étant réputées plus dures que celles en latex. Enfin, vous pouvez consulter votre pédiatre pour évoquer avec lui l’intérêt pour votre enfant d’essayer un lait infantile à formule épaissie.
  • Évitez de lui faire porter des vêtements comportant une ceinture ou un élastique à la taille et desserrez largement ses couches.
  • Autant que possible, donnez le sein ou le biberon dans le calme, sans télévision, en étant vous-mêmes très détendus.

Une difficulté à digérer une quantité importante de lactose

Une mal-digestion du lactose peut être responsable de pleurs. Ils surviennent généralement 20 à 30 minutes après le repas, et s’accompagnent de ballonnements abdominaux, d’émission de gaz, de selles liquides et acides, parfois responsables d’érythème fessier. N’hésitez pas à consulter votre pédiatre si tel est le cas, pour qu’il vous indique un lait plus pauvre en lactose.

L’allergie aux protéines du lait de vache

En fonction des symptômes de votre enfant, le médecin pourra distinguer cette éventuelle mal-digestion du lactose d’une intolérance au lactose (l’intestin ne fabrique pas de lactase, l’enzyme qui digère le lactose, ce qui est rare chez le bébé), ou encore d’une allergie aux protéines du lait de vache (APLV). Cette dernière se manifeste par des signes cliniques très divers, dont des pleurs mais aussi des réactions digestives, cutanées ou respiratoires, plus ou moins rapidement après le biberon. Il pourra ainsi vous prescrire un lait infantile adapté pour soulager votre enfant au mieux.

Un reflux gastro-œsophagien (RGO)

S’il est compliqué d’œsophagite, le RGO entraîne des pleurs lors des remontées gastriques acides à toute heure de la journée et de la nuit, mais principalement lorsque l’estomac est à jeun. Ce diagnostic est habituellement évoqué devant la fréquence des régurgitations.

Une constipation

Si elle est importante, la constipation peut être source de douleurs abdominales et donc de pleurs pouvant survenir sans horaire particulier. Le diagnostic est rapidement évoqué en raison de la rareté et de la dureté des selles.

Pleurs excessifs du nourrisson

Coliques du nourrisson ou pleurs du soir ?

Les « pleurs du soir » apparaissent généralement vers l’âge de 3 semaines, sans raison apparente, et disparaissent vers l’âge de 3 ou 4 mois. Ces pleurs intenses surviennent chaque jour, en fin de journée, entre 18h et minuit, toujours à la même heure pour le bébé concerné. La phase de pleurs du soir quotidienne dure environ 3 heures, pendant lesquels le bébé est agité :

  • visage rouge,
  • poings serrés,
  • ventre tendu,
  • cuisses repliées sur son ventre,
  • émission de gaz.

Il donne l’impression de souffrir, ce qui angoisse ses parents.

En raison de ces gaz, vous aurez peut-être l’impression que votre bébé digère mal. Mais sachez qu’un bébé qui pleure avale beaucoup d’air, qui, une fois dégluti est évacué sous forme de rots ou de gaz. Il faut donc éviter les multiples changements de lait qui n’auront aucun effet…

A l’heure actuelle, les scientifiques lient ces pleurs du soir à une période tout à fait normale d’activité physique et cérébrale du tout-petit, qui a les pleurs pour seul moyen d’expression. De nombreuses femmes enceintes peuvent également attester de cette période d’activité intense en fin de journée, qui avait déjà lieu lorsque le bébé était encore dans leur ventre !

Plusieurs hypothèses ont été émises, afin d’essayer de comprendre d’où venaient ces pleurs incessants qui s’observent chez de nombreux bébés. Si aucune cause n’a pu être démontrée à ce jour, voyons ensemble ce que vous pouvez faire pour tenter d’apaiser votre bébé de ces pleurs excessifs.

Comment soulager votre bébé ?

Aucun changement de lait ni aucun médicament n’ont fait la preuve de leur efficacité. Le médecin de votre enfant peut cependant vous proposer une prescription de phytothérapie (soins par les plantes), de lactobacillus Reuteri (probiotique) ou encore de « julep gommeux » (vieux médicament à base d’eau de chaux et de gomme arabique préparé par le pharmacien).

Le fait de voir votre bébé inconsolable, et cela de façon prolongée chaque soir, peut être très difficile à gérer en tant que parents. Ne croyez pas que vous êtes des parents incompétents. Faire preuve de patience et montrer un amour inconditionnel sont les clés pour réconforter votre nourrisson.

Soyez patients et câlinez votre enfant

Porter votre bébé quand il pleure ne fera pas de lui un adulte capricieux ! C’est au contraire le meilleur moyen pour lui de se construire une base affective solide, pendant ses 6 premiers mois de vie. Le portage, le « peau à peau », le bercement au creux de vos bras vont ainsi éventuellement le calmer, mais avant tout le rassurer. Il sait, de cette façon, qu’il peut compter sur vous pour le soutenir. Donnez-lui un bain. Parlez-lui doucement, chantez des comptines ou des berceuses… N’hésitez pas à faire une promenade à pied ou en voiture.

Vous pouvez porter votre nourrisson sur votre avant-bras, tourné vers le bas. Il va se sentir légèrement en apesanteur, le ventre au chaud, et en sécurité, ce qui va lui rappeler sa vie in utero.

Apprenez à masser son ventre

Pour atténuer son inconfort, vous pouvez vous initier aux massages dédiés aux bébés. Malaxez alors doucement son ventre de bas en haut en formant des cercles, dans le sens des aiguilles d’une montre. Vous entrez ainsi en contact direct avec votre tout-petit. Vous avez la sensation d’être utile, de l’aider à gérer son inconfort, et lui se sent aimé et en confiance.

Passez le relais !

Vous vous sentez fatigué et à bout ? Vous pensez que vous allez craquer ? Surtout, ne perdez pas le contrôle et ne secouez pas votre bébé : des lésions irréversibles peuvent se produire dans son cerveau.

Tout d’abord, posez votre enfant malgré ses pleurs, pour vous permettre de souffler un peu et de prendre du recul. Puis demandez de l’aide à un proche si c’est possible. Vous ne serez évidemment pas un parent indigne, mais plutôt un héros qui fait le nécessaire pour être à même de créer un environnement serein, qui rassure et calme son enfant.

Il suffit parfois d’un oncle ou d’une belle-sœur à portée de main, qui se charge de votre trésor durant quelques heures, pour vous sentir à nouveau en pleine possession de vos moyens.

📌 Je retiens : Les pleurs font partie du développement du bébé

Entre 15 et 30 % des tout-petits pleurent plus de 3 heures par jour même s’ils sont en parfaite santé. En effet, c’est le seul moyen pour eux de communiquer avec nous, d’exprimer leurs besoins. Il suffit d’un inconfort ou d’une douleur pour déclencher chez le tout-petit une tentative de connexion avec son papa ou sa maman, afin de lui demander de l’aide. Cette phase dite de coliques du nourrisson ou de pleurs excessifs du nourrisson faisant partie de leur développement, elle est un passage inévitable pour beaucoup de bébés. Les causes sont encore inconnues et les remèdes n’ont pas démontré d’efficacité réelle. Tout ce dont votre enfant aura besoin, c’est de parents aimants et sereins pour assurer sa sécurité et remplir son réservoir affectif. À vous de jouer !

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